Retour sur Arrêt sur image #3, festival des arts numériques à Nice

Le Hublot a présenté pour la 3ème année un temps fort autour des arts numériques du 22 novembre au 1er décembre 2019. Au programme, une exposition de plusieurs installations, ouverte tous les jours avec en plus une médiation organisée pour les publics scolaires toute la semaine, des ateliers 3D dans l’espace numérique, des performances les après-midis ; Et les week-ends se sont ajoutés des conférences et des sets électros. Ce festival a eu lieu dans les locaux de l’Entre-Pont au 109 en même temps que le festival OVNi, un des partenaires, qui a exposé des vidéos dans la salle d’accueil, au Forum de l’urbanisme et d’architecture, dans la grande Halle du 109, à la Station. Il y a même eu une installation sonore d’Aurore Balsa dans la Traverse. Les publics ont pu ainsi découvrir l’ensemble du site et des structures qui y travaillent à l’année.

Les installations et œuvres exposées

L’exposition, dont le directeur artistique est Frédéric Alemany, avait pour thème « Aux frontières du vivant ». Le choix des œuvres et installations a été ainsi déterminé pour imaginer cette frontière.

Ainsi, les visiteurs ont pu voir l’installation « Alfame » de Marie Larroque (voir son interview). Cette sculpture fabriquée en béton filaire représente « la créature mère de toutes les autres », explique Marie dans son interview. Elle ajoute que si elle n’était pas prévue au départ dans l’exposition, elle y avait toute sa place et aussi par rapport au lieu : les anciens abattoirs.

Puis, les installations « MyCore » de Sandra et Gaspard Bébié-Valérian (voir leur interview) exposaient deux espèces vivantes : le Physarum appelé aussi blob (photo de Une), et le Kombucha. Les oeuvres permettaient de prendre conscience de l’intelligence et en tout cas, de la grande capacité d’adaptation de ces deux organismes vivants. Ils sont utilisés d’ailleurs par les scientifiques aujourd’hui soit pour la santé pour le Kombucha, soit pour l’étude d’un tracé urbain, comme celui du métro à Tokyo par exemple pour le Physarum.

Enfin, « Géolitic » de Frédéric Alemany (voir son interview) a présenté une interaction entre le spectateur qui met un casque et touche les pierres exposées à cet effet.

De là il produit alors un son (le son des pierres qu’il touche) et un effet sur le visuel (présenté dans un écran devant).

A côté de cette pièce, l’œuvre de Cécile Babiole (voir son interview)  intitulée « Copies non conformes » nous présente les failles des nouvelles technologies notamment dans leur support. Une phrase « je ne veux pas copier » est reproduite grâce à une technique numérique : l’imprimante 3D et montre dès la deuxième copie, des imperfections.

Il y avait enfin « Révolution au mètre carré » de  Florian Schönerstedt (voir son interview) qui fait référence directement à la révolution avec le symbole du pavé. Celui-ci peut être lancé à condition d’utiliser le casque en réalité virtuelle qui est à disposition justement.

L’occasion pour ceux qui n’ont jamais essayé de connaître cette sensation.

Les avis du public

Toute la semaine, des scolaires (lycées et collèges) des Alpes-maritimes ainsi que des associations ont pu profiter de la médiation de l’exposition « Arrêt sur image », des vidéos du festival OVNi présentées à la Station, dans la grande Halle et au Forum de l’Urbanisme et d’architecture ainsi que d’une installation sonore d’Aurore Balsa (voir son interview), dans la Traverse. Certains y sont restés toute une journée, d’autres une après-midi… Des performances de plusieurs artistes (voir interview de Katia Vonna Beltran pour Yvonne et de Clément Edouard pour Sédiments), étaient aussi programmées le mardi, mercredi et vendredi après midi.

Il y avait aussi des visiteurs libres comme par exemple Jean-Baptiste de l’école de journalisme de Nice, venu pour réaliser un reportage sur l’événement (voir son reportage).

Nous l’avons rencontré (1’06) :

 

Les élèves du collège de Mandelieu sont venus toute la journée de mardi pour participer aux ateliers proposés, aux expositions et à la performance « Kairn » de l’après midi. Mohamed, Dylan, Lucie, Emie, Mathilde et leurs camarades témoignent de ce qui les a intéressés, notamment le blob ou encore Géophonie. Dylan ne va pas forcément dans les musées mais il a aimé. Lucie trouve que l’exposition est instructive, elle a beaucoup aimé les champignons.

Montage de leurs avis (3’34) :

Une performance chorégraphique et électro a eu lieu le mardi après midi dans la salle de spectacle au cœur de l’exposition.

Les élèves du lycée Apollinaire qui suivent aussi un projet d’éducation artistique avec les artistes, sont venus en nombre pour assister à « Kairn » avec Alicia Malialin, Frédéric Alemany et Philippe Maurin.

Voici leurs impressions (0’46) :

Le mercredi 27, une trentaine d’enfants du Forum Nice Nord sont venus visiter l’exposition et ont pu assister l’après-midi au concert de récit sur la mythologie nordique : « Le fracas de l’aube » de Matthieu Epp et Sarah Procissi (voir leur interview).

Nour, Oushman, Paloma et Mohamed nous donnent leurs avis. Il y avait aussi Shayan accompagné de Mohamed, son éducateur au SESSAD. Tous ont été captivés par la musique et l’histoire contée par l’artiste. 

Avec Nour, Oushman, Paloma, Mohamed du Forum et Shayan accompagné de Mohamed (2’28) :

Lionel, animateur des enfants du forum Nice Nord, donne également son ressenti :

Maxime, Dylan, Alexandre, Thomas accompagnés de quelques amis, sont en seconde année de BTS média numérique au lycée Goscinny à Drap. Ils sont venus voir d’abord la performance du conteur Matthieu Epp qui a eu lieu dans l’après-midi ce vendredi, puis ont profité des expositions à disposition.

Lola les interroge sur ce qui les a inspiré. Chacun donne son avis sur la performance, ce qui les a marqué. « Il a une maîtrise de son conte », témoigne l’un d’eux. Tous dans le cadre de leurs études, vont créer un jeu vidéo avec Matthieu, l’artiste qui intervient durant l’année dans leur classe, dans le cadre d’un projet d’éducation artistique avec le Hublot. C’est pourquoi, ils sont venus s’inspirer en assistant à son travail et sa création artistique.

Puis, ils nous parlent de l’exposition. « Il y avait tout type d’approche et ça c’était intéressant ».

Avec Maxime, Dylan, Alexandre et Thomas, interviewés par Lola (4’13) :

L’association le Valdocco qui organise beaucoup d’activités pour les adolescents dans le quartier Pasteur/Don Bosco a répondu à l’invitation.

Aurélien, l’animateur, est venu avec une dizaine d’adolescents qui n’ont pas du tout l’habitude de fréquenter les expositions d’art contemporain. Pourtant, ils s’y sont intéressés et cela les a surpris. Bilel a aimé le casque virtuel et les pavés, Maria et Siware viennent de Nice Nord, elles ont apprécié l’interaction de Géophonie, le « je ne veux pas copier » les a marqué aussi. Wahil a aimé découvrir des choses qu’il ne connaissait pas. Rayan témoigne aussi de ce qui l’a préféré.

Avis des adolescents venus avec le Valdocco (8’21) :

Le Hublot a organisé également toute la semaine des ateliers 3D sur le logiciel Blender, animé par Jerill le formateur de l’espace numérique.

Deux participantes nous parlent de ce qu’elles ont dessiné avec cette application libre et gratuite. Jerill qui a proposé l’activité, explique l’intérêt de dessiner un arbre imaginaire qui est un pretexte pour manipuler l’objet et le modéliser en 3D. 

Témoignages des participantes suivies de Jerill (5’18) :

Le jeudi 28 novembre, un Symposium Art & Science avec des conférenciers (res) a été organisé par l’Université Côte d’Azur. Ce colloque s’est déroulé toute la journée au sein même de l’exposition. Les chercheurs et universitaires ont eu aussi droit à une visite expliquée de l’exposition et ont pu donné leurs avis ensuite dans notre micro.

Christian Sardé est biologiste et a beaucoup aimé le physarum et l’exposition en général qu’il trouve très intéressante, « ce qui n’est pas toujours le cas dans les arts numériques », nous confie-t-il. Vincent Lambert, lui travaille à l’Université dans la recherche en Science de la communication, il est aussi un des organisateurs de cette journée. Il nous donne son ressenti sur « Géophonie », les champignons et « Copies non conformes » de Cécile Babiole. Fernando Gaspard est le directeur du service création artistique de l’Université du Chili. Il nous parle de l’intérêt du croisement des disciplines des arts et des sciences. Enfin, Michel Roman est étudiant en information communication en faculté des lettres malgré son âge. Il a adoré « Copies non conformes » et nous explique pourquoi.

Avec Christian, Vincent, Fernando et Michel (11’13) :

Tout le programme du festival.

Tania & Lola.