Marche pour le climat sur la pollution de l’air

Le 8 décembre dernier a eu lieu à Nice, une marche pour le climat qui est partie à 15h de la place Garibaldi pour faire un aller-retour jusqu’à la place Masséna. A la fin de cette marche, les participants ont pu découvrir de nombreuses associations dans un « village des alternatives » sur la place Garibaldi.

Cette marche, organisée par le collectif Citoyens pour le climat, a symboliquement eu lieu le 8 décembre car c’est la journée mondiale du climat. Elle avait pour but évident de dénoncer l’inaction des pouvoirs publics face au réchauffement climatique comme à chaque marche, mais aussi de dénoncer la pollution de l’air. En effet, cette pollution due à l’utilisation d’énergies fossiles fait en moyenne 500 morts prématurés par an à Nice (source Agence Régionale de Santé). 

Le thème de la marche (#Respire) s’inscrit aussi dans un contexte particulier avec le débat sur la question de l’extension de l’aéroport de Nice (voir notre reportage). Comme nous l’expliquons dans notre reportage, cette extension pourrait ainsi aggraver le problème des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de la pollution de l’air alors même que Nice est déjà une des villes les plus polluées de France.

Lors de cette marche où se sont regroupées près de 600 personnes, nous avons pu rencontrer de nombreux participants, venus parfois en famille, et qui pour certains sont membres de diverses associations.

Nice Coop, un projet éco-citoyen

Peggy de Nice Coop nous présente ce nouveau projet inédit à Nice. Il s’agit d’un magasin participatif et coopératif car on peut acheter à condition de donner de son temps pour travailler dans le magasin (3h par mois). C’est un projet qui est aussi coopératif car il rassemble des gens qui ont envie de mieux manger, autour d’un fonctionnement horizontal, c’est-à-dire sans hiérarchie. Situé au 42 rue Vernier, ce n’est pas la seule initiative de ce type en France comme nous l’explique Peggy.

C’est tout sauf un magasin, c’est un lieu d’échanges.

Interview de Peggy (2’59) :

Bruno, lui aussi membre de Nice Coop, parle de la campagne de financement participatif qui a permis de récolter près de 10 000 euros pour aménager les locaux. Il est aussi membre de Nice à Vélo, une association qui a pour but de faciliter et d’encourager la pratique du vélo à Nice.

Pistes cyclables et végétalisation

Pour lui, il est très difficile de rouler à vélo à Nice car les pistes cyclables ne forment pas un réseau cohérent qui permet de se déplacer d’un point A à un point B (voir réseau cyclable). Ces « bouts » de pistes cyclables obligeraient les gens à rouler sur les routes, alors même que certaines personnes auraient peur de rouler à vélo à cause du comportement dangereux des automobilistes. Bruno compare alors le réseau cyclable de Nice à celui d’autres villes françaises pour montrer le retard de la ville (voir enquête nationale de la fédération des utilisateurs du vélo).

On se demande s’il y a vraiment quelqu’un à la tête de l’aménagement des pistes cyclables.

Interview de Bruno (3’56) :

Pour Ianis, les pistes cyclables constituent une avancée mais il souligne aussi le caractère électoral de cette avancée, à quelques mois des élections municipales de mars 2020. Ce citoyen qui soutient Extinction Rebellion, pense que les autorités dissimulent l’urgence climatique. Il prend l’exemple de la déclaration d’« Etat d’urgence climatique » par le maire, Mr. Estrosi en septembre 2019 alors même qu’il y a un projet d’extension de l’aéroport (voir article).

Un événement rare qui devient fréquent, c’est exactement ça l’urgence climatique.

Interview de Ianis (2’14) :

Pour Stéphanie, venue manifester en famille, il y a un double discours entre la végétalisation du centre-ville d’un côté et l’extension de l’aéroport de l’autre. Elle explique qu’elle a peur pour l’avenir de ses enfants et que les changements au niveau individuel ne sont presque rien face au pouvoir de l’action au niveau global.

Je pense à mes 2 enfants et j’ai peur qu’ils n’aient pas un avenir franchement radieux en matière de qualité de vie.

Interview de Stéphanie (1’13) :

Des luttes locales

Cédric, membre du collectif Citoyens pour le climat et co-organisateur de la marche, explique qu’il faut de vraies actions, pas juste « planter des arbres » pour se dire « vert ».

Pour agir au niveau local, face aux projets qui ne vont pas « dans le bon sens », Cédric nous présente la campagne « Super Local » lancée par le youtubeur « Partager c’est sympa » et le collectif « Notre affaire à tous ». Au niveau local, quatre projets sont ainsi visés : le projet d’extension de l’aéroport de Nice (voir reportage), celui d’un centre commercial « Open Sky » à Sophia-Antipolis, la fermeture de la ligne de train transfontalière entre Breil-sur-Roya et Cuneo et « l’éco-vallée » (bétonisation des terres agricoles) qui ne l’est pas vraiment. Trois de ces projets nous ont par ailleurs été expliqué par des manifestants.

Il faut que la végétation soit utile à l’absorption du CO2 et non pas juste là pour l’ornement.

Interview de Cédric (4’42) :

Cathy, gilet jaune à la retraite, se bat « pour les générations à venir » et prône la convergence des luttes pour obtenir des résultats. Elle nous explique le projet d’« éco-vallée » et les problèmes qu’il implique avant de nous parler de l’extension de l’aéroport et en particulier du risque géologique en prenant l’exemple du tsunami de 1979 qui avait touché Nice (voir modélisation).

L’éco-vallée : Est-ce une vallée écologique ou une vallée économique ?

Interview de Cathy (1’47) :

Aline, membre du collectif « Vençois, Vencoises pour le climat », nous parle elle du projet « Open Sky ». Ce projet qui comporte un centre commercial (60 000m2), un hôtel (10 000m2) et des bureaux (20 000m2) est contesté car il se fera au coût de la destruction de la forêt de la Valmasque. Une bétonisation qui va à l’encontre de l’urgence climatique selon Aline, alors même que le département vient de connaître deux alertes rouges pour pluies et inondations.

OpenSky, c’est encore 100 000m2 de commerces, encore du bétonnage (…), encore des problèmes de ruissellement.

Interview d’Aline (1’42) :

Des luttes intersectionnelles ?

Pour certains manifestants, les « combats » militants sont intersectionnels, c’est-à-dire que ce sont des luttes qui sont liées. Adrien et Caroline étaient par exemple venus pour défendre la condition animale. 

Pour Adrien, il faut abolir l’exploitation des animaux (voir action « Cube of truth d’anonymous for the voiceless »). Il justifie cela par la maltraitance animale et l’impact écologique de cette élevage.

Il rappelle aussi l’importance de l’interdépendance des systèmes vivants dans la biodiversité, menacée par l’élevage intensif. 

Interview d’Adrien (2’06) :

Caroline, membre de L214, complète les propos d’Adrien en renvoyant aux rapports du GIEC.

Elle nous parle aussi des deux dernières actions qui ont été menées par L214 : une action contre le foie gras et une autre avec un compteur du nombre d’animaux tués. Ainsi, elle précise que 15 milliards d’animaux ont été tués en France en 2019.

On sait aujourd’hui (…) que plus de 14% des émissions de gaz à effet de serre sont dues à l’élevage des animaux pour l’alimentation.

Interview de Caroline de L214 (1’46) :

Eve est venue en famille pour défendre la cause féminine en même temps que la planète. Elle explique le lien entre ces deux luttes avant de parler de l’importance de sensibiliser les enfants aux problèmes sociétaux actuels. Enfin, elle prend pour exemple les récentes alertes rouges météo pour montrer la nécessité d’une action politique radicale contre le réchauffement climatique.

Interview d’Eve (3’30) :

Conclusion

Alors que l’ONU vient d’annoncer que les émissions de gaz à effet de serre devront être réduites de 7,6% chaque année entre 2020 et 2030 pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, les marches pour le climat comme celle-ci apparaissent comme étant de plus en plus importantes pour notre avenir. Avec une progression des émissions de 1,5% tous les ans depuis une décennie, la tendance va être difficile à inverser ; mais les citoyens du monde entier se mobilisent et les générations futures prennent déjà la relève.                 

Katia, étudiante ukrainienne, représente le caractère international de cette lutte et exprime son soutien au mouvement.

Interview de Katia (0’40) :

Marie-Lou (à droite sur la photo), jeune lycéenne, explique que la cause climatique est la plus importante actuellement et que les actions du quotidien sont nécessaires même si elles ne sont pas suffisantes.

Nous les plus jeunes, on ne sait même pas si on aura un futur.

Interview de Marie-Lou (2’11) :

Enfin Lou, la fille de Cédric de « Citoyens pour le climat », explique pourquoi elle était là et sa peur par rapport à l’état de la Terre.

Des paroles qui sortant de la bouche d’une petite fille de 4 ans à peine, donnent de l’espoir pour l’avenir de la lutte climatique malgré l’urgence de la situation.

Interview de Lou (0’39) :

Quentin (article et prise de son) et Lola (interviews, montage sons et photos).