HK en soutien aux lanceurs d’alerte

Jeudi 17 décembre, plusieurs associations, artistes et citoyens se sont déplacés pour soutenir des lanceurs d’alerte en procès au Palais de justice de Nice. Les 9 accusés par la Société Générale avaient lancé de la peinture sur la banque près de la place Masséna, et apposé des affiches pour dénoncer le financement de projets polluants. Cette affaire a commencé il y a plus d’un an* et les prévenus risquaient 5 ans de prison. La justice les a relaxés en raison de l’annulation du procès pour un vice de procédure. Des musiciens accompagnés par HK ont pu fêter ça dans les rues de Nice. 

Kaddour Hadadi, dit HK

Nous avons pu rencontré Kaddour Hadadi « HK » chanteur-compositeur engagé, connu aussi pour avoir milité et joué à différentes manifestations pour les droits humains et les luttes sociales, dont celles des gilets jaunes.

Son hymne « On lâche rien » diffusé et repris dans les slogans des gilets jaunes, est aujourd’hui souvent entendu dans les manifestations sociales. HK est venu soutenir ces militants qui dénoncent l’exagération de la situation. Pour lui, il n’est pas normal que des actions non-violentes mènent à des procès et soient stigmatisées ; surtout lorsqu’il s’agit de groupes bancaires, comme la Société Générale, qui sont impliqués complices de fraudes fiscales. L’idée chez HK est de participer à toute revendication sociale et de permettre de diminuer, et d’en finir avec les injustices et les inégalités.

J’aime l’idée d’être la bande son des luttes.

Patrick, Océane, Jean-Luc et Iris, citoyens engagés

Nous avons pu ensuite interviewer plusieurs personnes indignées venues pour soutenir les accusés. Et si vous écoutez leurs témoignages jusqu’au bout, vous aurez la nouvelle qui est arrivée à la tombée de la nuit, qui fut une joie et un soulagement pour tous.

Voici les témoignage de Patrick, Océane, Jean-Luc et Iris* :

Patrick membre de l’association ATTAC 06 dénonce la situation qu’il trouve scandaleuse. Des citoyens se retrouvent traînés en justice pour avoir voulu dénoncer des agissements contre l’intérêt général. Placer de l’argent dans des paradis fiscaux ou encore faire des investissements dans les énergies fossiles, pour lui c’est inadmissible ; car les banques sont nourries en partie par l’argent public, notamment lors de crises, à l’instar de celle de 2008.

Des banques qui ont été sauvées par le peuple continuent à avoir des pratiques de voyous… 

Océane, étudiante en 3ème année de médecine, est bénévole au sein de l’ANV COP21. Elle lutte pour une prise de conscience du public quant à l’implication des banques et autres groupes financiers dans le dérèglement climatique. Selon elle, demander des réparations financières lorsqu’on sait que la Société Générale est impliquée à plus grande échelle dans des pratiques anti-environnementales causant des dégâts sociaux et humains, c’est injuste. 

C’est injuste et injustifié, parce que c’est eux qui causent les plus gros dégâts.

Jean-Luc enseignant chercheur dénonce les dérives des groupes bancaires. Il évoque la disproportion entre les actes et les demandes de réparation de la Société Générale. Pour lui, s’attaquer à des personnes, demander des sommes inconsidérées aux accusés, montre bien l’incohérence de la situation. Il est venu accompagner « les camarades » afin de montrer son soutien. Selon lui, c’est un faux procès, une tentative d’intimidation.

Pour faire taire toute contestation, on prend des gens au hasard, on les fait comparaitre pour l’exemple. 

Iris*, citoyenne solidaire, nous dit que le problème c’est l’ignorance, la non-connaissance de l’évasion fiscale des groupes bancaires. Il n’est pas admissible que des citoyens paient leurs impôts, lorsque les grands groupes financiers peuvent par différentes manières ne pas payer les leurs. Elle évoque le fait qu’à Nice cette affaire a pris des proportions démesurées et que c’est une honte de porter plainte contre des citoyens qui réclament une société plus juste.

Toujours chercher le pourquoi.

Chacun d’entre eux a parlé de la disproportion des faits : de cette dégradation volontaire des locaux de la vitrine d’une banque avec des peintures naturelles lavables contre une demande de réparation qui s’élève à plusieurs milliers d’euros et 5 ans de prison ; qui au final se termine par une annulation pour vice de procédure. Tout ça pour ça !

*Iris : le prénom a été modifié.

Pour Raphaël Pradeau, porte parole d’Attac et témoin au procès : « Cela confirme que ce procès n’aurait jamais dû avoir lieu. Ces militants ne sont pas des délinquants, ils ont mené une action symbolique pour faire passer un message politique visant à dénoncer les pratiques sales de la Société Générale ».

Article de 20 minutes – procès en vue, octobre 2019

Article de France bleu, 17 décembre 2020 

Reportage d’Hélène (interviews, photos) et Nadia (interviews, article).