Interview de Fabrice Lextrait sur les tiers-lieux

Ce jeudi 22 avril 2021 a eu lieu un interview sur zoom avec Fabrice Lextrait, co-fondateur de la friche de Belle de mai à Marseille, président des « GRANDES TABLES » et chargé de mission pour la Ville de Nice pour le 109 sur la notion des tiers-lieux et ses enjeux.

C’est un endroit de rencontres et de partage pour essayer de reposer le rythme dans la vie des gens ».

Interview de Fabrice Lextrait : 

Cet interview a été réalisé dans les locaux du Lab du Hublot situé au 109, pôle de cultures contemporaines de la ville de Nice, en visioconférence.

En collaboration avec ligne16 (média participatif au 109), cet entretien a été l’occasion notamment de définir la notion de « tiers-lieu », d’en dégager l’intérêt pour un territoire et de proposer des actions qui peuvent justement aider au développement. Bien que Fabrice Lextrait n’a pas souhaité s’exprimer sur ses missions au sein de la Mairie de Nice, cet interview a été très intéressant et très instructif.

Fabrice Lextrait a tenté dans un premier temps, de définir la notion de « tiers-lieu ». Pour lui, un tiers-lieu n’est ni un endroit de consommation, ni un endroit personnel, mais un endroit où on peut se voir en dehors des contraintes de travail et de vie familiale.

Fabrice Lextrait a ensuite expliqué de façon précise l’importance des tiers-lieux au sein des quartiers, au sein d’une ville et d’un territoire. Il affirme que ces lieux servent de cadre pour se retrouver avec d’autres personnes, mais également ce sont des lieux de production artistique et culturelle. Les tiers-lieux comme tous les autres espaces de rencontres d’autres secteurs (restaurants, bars, etc.), ont subit des conséquences négatives de la pandémie COVID-19. Que ça soit sur le plan économique, culturel, social, … , Fabrice Lextrait souligne que cette crise a favorisé le renouvellement des processus de production dans certains tiers-lieux. Il ajoute qu’il serait important de repenser les tiers-lieux grâce à une analyse des conséquences de cette crise sanitaire, pour justement avoir de nouvelles formes, de nouveaux procédés de gestion de ces lieux. Fabrice Lextrait, aborde le concept de labélisation des tiers-lieux notamment pour ceux qui sont situés dans la Ville de Nice. Le concept de label n’est pas pour lui la chose la plus importante ; mais plutôt, il accentue sur le travail des process de singularités ; autrement dit, comment des groupes de personnes différentes culturellement et socialement peuvent travailler ensemble dans un lieu commun.

C’est qui est intéressant, c’est de travailler pour cultiver un commun pour permettre l’expression des singularités plurielles ».

Les démarches administratives et les procédures institutionnels, représentent pour Fabrice Lextrait un frein à leur développement. Ils sont enfermés dans une espèce de règles qui les empêchent de décoller.

Le problème des tiers-lieux en France, c’est qu’ils amènent une série de règles ».

Fabrice Lextrait termine son intervention par une série de propositions d’actions pour faire évoluer les tiers-lieux. Il soutient l’idée selon laquelle, le développement des tiers-lieux passe par des accords avec les instances privées et publiques, pour permettre aux tiers-lieux d’occuper les endroits abandonnés. Les instances publiques doivent penser à comment réinventer, diversifier les usages dans les différents endroits, comme le cite Fabrice Lextrait :

Faire en sorte que les espaces inutilisés puissent être utilisés. Et ça, ça se discute avec tous les propriétaires fonciers ».

Reportage de Thierno BAH,
dans le cadre d’une recherche appliquée pour les étudiants en Master DISTIC,
coordonné par Linda IDJERAOUI RAVEZ (maître de conférences) et Paul RASSE (professeur)
de l’Université Côte d’Azur.