Un concours d’éloquence et de plaidoiries à l’Ariane

A la bibliothèque de l’Ariane, vendredi 5 juillet à 14 heures, s’est déroulée la finale du concours d’éloquence et de plaidoiries, organisé par Nawel Boumehdi présidente de l’association Regards croisés.

Destinée à révéler des talents dans la cité, l’ambition de l’association est « de créer une proposition de loi citoyenne sur l’utilisation d’internet et ses conséquences », explique Nawel.

C’est la première fois qu’elle propose ce concours qui sera ensuite renouvelé l’année prochaine. Les 10 candidats niçois qui y ont participé, ont présenté des plaidoiries dont personne ne pouvait rester indifférent. Ils ont chacun choisi une cause qui leur tient à cœur parmi les 5 thématiques imposés : le droit des enfants, le droit des femmes, l’environnement, l’égalité des chances et  l’entreprenariat. 

Interview de Nawel Boumehdi par Yasmine (2’16) :

 

Nawel a su s’entourer de personnalités (écrivain, avocate, …) afin de les faire intervenir dans les ateliers pour préparer les candidats à cette finale. « Chaque candidat s’entraide et n’est pas en concurrence », précise t-elle.

Ainsi tous les dimanches, des ateliers (écriture, expression scénique, droit…) ont été organisés dans différents lieux de Nice depuis 2 mois.

 

Des ateliers de préparation

Nous avons rencontré Mickaël Brice enseignant et écrivain, qui a participé à préparer les candidats à leur plaidoirie en proposant plusieurs ateliers dont le premier : « Ecrire une plaidoirie ».

Dans cet entretien, il nous parle du concours, de son organisation et de l’intérêt d’un tel projet.

 

 

Interview de Mickaël Brice par Yasmine (3’53) :

 
Les 10 candidats

Chaque candidat a exprimé, chacun son tour, sa plaidoirie (discours en faveur d’une cause), et cela devant un public installé sur des chaises autour. 

Les candidats étaient face au jury composé de 5 personnes prenant leurs rôles très au sérieux. 

Nous avons pu interviewer Laetitia, Fatima, Salim, Alpha, Phedra, Mohamed. 

  • LAETITIA sur « l’impact des déchets plastiques en haute mer »

Laetitia a plaidé pour l’environnement et plus précisément pour dénoncer l’impact des déchets plastiques en haute mer. Elle propose comme solution une plateforme web pour que les citoyens puissent partager des documents, des événements, des discussions… Elle a plutôt découvert aujourd’hui l’action de militer à travers une marche organisée à Vence où elle est allée pour la première fois manifester. Elle utilise les transports en commun et a toujours un sac à présent, pour ramasser les déchets. Elle nous confie dans sa plaidoirie avoir arrêté de fumer en voyant l’ensemble des mégots ramassés par terre. 

Interview de Laetitia par Yasmine (2’14) :

 

  • FATIMA sur « les inégalités de la carte scolaire »

Fatima qui habite à Drap, a pris le train en route.

Elle est très contente d’avoir pu participer à ce projet.

Fatima a fait une plaidoirie sur l’égalité des chances et plus particulière sur les inégalités de la carte scolaire. Elle s’est intéressée à l’accès à la formation supérieure et aux grandes écoles.

 

Interview de Fatima par Yasmine (0’55)

 

  • SALIM sur « le travail au noir »

Salim habite à l’Ariane, il est comorien et apprend le français à l’association Médiation Cités.

Il a fait une plaidoirie sur le droit du travail et plus particulièrement sur les personnes qui sont employés au noir.

Il témoigne : « J’avais un ami qui a vécu cela. Je fais ça aussi pour faire prendre conscience aux patrons ».

La clé d’après lui, pour apprendre le français est de ne pas se contenter des films et des séries. Le message qu’il fait passer est de s’intégrer dans les associations afin de pouvoir mieux apprendre la langue pour mieux s’insérer dans la société française. Sans la compréhension de la langue, cela ne pourra pas avancer. 

Interview de Salim par Yasmine (3’01) :

 

  • ALPHA sur « le droit effectif à l’éducation »

Alpha est un jeune qui est en master 1 à la fac de droit. Il plaide sur le pouvoir de l’éducation.

« C’est la clé », nous dit-il. Pour lui, c’est la base de tout.

Ses parents l’ont poussé aux études. Son père lui disait : « Ce que tu as dans la tête, personne ne peut te le prendre ».

Il est militant dans plusieurs associations en faveur des droits humains. Il est représentant des jeunes à Paris. Il souhaite être avocat pour aider les autres. « Quand on vous dit que vous n’êtes rien, il ne faut pas baisser les bras », exprime t-il. 

 

  • PHEDRA sur « les enfants en zone de conflits »

Phedra a été touchante dans sa plaidoirie pour le droit des enfants vivant dans un pays en guerre.

Elle a aimé cette aventure humaine.

C’est un sujet qui lui tient à cœur ; elle est d’ailleurs impliquée à l’Unicef et nous donne un message clair : « Prenons soin de nos enfants, et ce ne sont pas forcément les enfants qui sont loin, mais ceux qui sont à côté de nous qui peuvent peut-être subir des maltraitances »

Interview de Phedra par Tania (0’55) :

 

  • MOHAMED sur « l’anonymat sur internet »

Mohamed a choisi de plaider sur l’anonymat d’internet.

Il nous parle de la sexualité des adolescents transformée par les vidéos X en ligne et nous dit que la levée de l’anonymat sur internet est alors une très bonne chose, car cela pourrait en dissuader plus d’un.

Cela combat aussi le harcèlement sur Internet. 

Interview de Mohamed par Yasmine (0’59) : 

Patrice, Genisia et Solenne n’ont pas pu être interrogés. Il ont tout de même participé et nous tenions à les citer.

Patrice nous a parlé du droit à la PMA, Genisia a plaidé sur l’isolement des personnes âgées, et Solenne a plaidé pour la protection sociale pour les pays francophones dont le Sénégal. 

Le Jury du concours

Les sujets traités étaient tous dignes d’être écouter. De plus, la forme et les arguments présentés par les candidats lié à la sensibilité, l’honnêteté et la personnalité de chacun rendaient ces plaidoiries captivantes.

Un jury de 5 personnalités (de gauche à droite) : Maître Janjua – avocat spécialisé en droit des affaires à Paris, Rachid Santaki – fondateur des dictées géantes, dont une qui a eu le record au stade de France à Paris, Sonia Jasmine de Genève – auteur dernièrement du livre « Alger, cité des paradoxes », Claude Fondecave – président du comité Unicef Azur Méditerranée et enfin Gisèle Marleuf – responsable du pôle de proximité lecture publique de la Direction des bibliothèques.

Tous les cinq ont pris leur rôle très à cœur et de manière très professionnel. Tout au long des plaidoiries, ces messieurs dames ont écouté en prenant des notes. A la fin, ils ont valorisé tout le monde tout en plaçant trois candidats un peu plus en tête de ligne : Genisia (que nous n’avons pas pu interviewer), Salim et Alpha

Nous avons interviewé trois membres du jury : Rachid Santaki, Claude Fondecave et Sonia Jasmine. 

Interview de Rachid Santaki et de Claude Fondecave

Nous avons eu aussi une très belle rencontre avec Sonia qui a écrit un livre intitulé « Alger cité des paradoxes ».

Elle est très fière d’avoir pu participer à ce jury, d’autant plus que cela lui permet de soutenir le projet de Regards croisés et de valoriser des personnes d’horizons divers qui ont plaidé pour une cause qui leur tient à cœur.

A la suite de cet entretien, Yasmine lui explique qu’elle a aussi plusieurs nationalités et Sonia lui donne ce très beau message :

Peu importe où tu vis, peu importe d’où tu es, tu es citoyenne du monde.

Interview de Sonia Jasmine par Yasmine (3’43)

Avis du public

Nous avons été ensuite interrogé les publics pour savoir ce qu’il pensait de l’événement.

Interview de Philippe Arnould de la métropole Nice Côte d’Azur, suivi de madame Aliozfi habitante de l’Ariane, Véronique Icart Gazielo qui nous a fait un magnifique poème sur la maladie dont elle souffre, la sclérose en plaque ; et enfin Riad Seytour le responsable de la bibliothèque Léonard de Vinci de l’Ariane.

Diaporama des photos réalisées par Nadèje Thomasset :

Cet exercice d’éloquence et de plaidoiries fait par des citoyens du monde, a pu ainsi ravir les spectateurs dont nous : Cyrille, Yasmine, Nadèje et Tania, venus pour soutenir Regards croisés et rendre compte de cette initiative pertinente et qui fait du bien.

Yasmine (interviews), Nadèje (photos) et Tania (article).