Rencontre avec la fille de Guy Rottier, archi-poète

Mercredi 18 avril,  une partie de l’équipe de Ligne 16 était accueillie par l’équipe du Forum d’Urbanisme et d’Architecture de la Ville de Nice, implanté au 109, afin de rencontrer les projets de l’insolite architecte Guy Rottier, décédé depuis peu (2013).

Les web reporters ont eu la chance de rencontrer et d’interviewer la fille de l’artiste, Odette Barbéris-Rottier, qui a toujours été fan du travail de son père, et qui s’occupe à présent de promouvoir ses archives personnelles. Celle-ci a pu nous parler de lui et de ses inventions. Odette nous a accordé du temps pour répondre à nos interrogations, écoutez-la dans cet échange très enrichissant pour Nicolas preneur de son, Charlotte en intervieweuse et Michel et Tania à la photo.

Interview d’Odette Rottier, fille de Guy Rottier (13’01) :
Un architecte hors norme

Guy Rottier, décédé à l’âge de 91 ans, est un architecte d’avant garde, hors norme, insolite, insoumis, un archi-poète quelque peu inclassable, un créateur multiformes qui a été vu comme un « fou » pour ses idées à l’époque mais qui aujourd’hui est reconnu pour ses créations innovantes.

« Cela est dommage que l’on puisse le découvrir que maintenant », regrette sa fille. « Son style était insolite. On le prenait pour un fou, un utopiste, on parlait de lui dans ces termes et cela le faisait rire ». Il a produit des réalisations (maquettes, croquis, dessins artistiques ou techniques, peintres, photographies, films, correspondances, carnets de voyages, projets de publications, meubles, objets de design…), un peu partout et pas uniquement en France. Il a été le collaborateur de Le Corbusier et l’ami de Reiser le dessinateur.

Son père, Guy Rottier s’est heurté aux normes et c’est pour cela aussi qu’il est parti à l’étranger enseigner. Cela lui a donné un autre sens pour concrétiser ses idées futures. Il s’est détaché de l’environnement architectural commun parce qu’il était moins en contact avec les architectes en agence qui construisaient.

La maison hélicoptère

A la question : « A quel moment, elle a pu s’apercevoir du décalage de son père? », elle nous explique l’anecdote de la maison hélicoptère qui a été présentée à la télévision quand elle avait 8 ans. « C’est là que j’ai pu penser que mon père serait connu un jour ». Elle regrette bien sûr qu’il n’est pas eu autant du succès de son vivant mais c’est souvent le cas pour de nombreux artistes.

 

Les quartiers et la jeunesse

Pour les quartiers populaires, Odette nous explique que son père aimait la mixité des genres, il était pour les matériaux réutilisables, il aurait aimé que les gens puissent eux-même faire leur habitat avec des matériaux réutilisables. Guy Rottier aimait la jeunesse. Sa fille ajoute qu’elle aussi et cela parce que les jeunes ont beaucoup d’imagination. Ils ne sont pas encore « formatés ».

« Il faut faire valoir une certaine liberté d’expression dans le monde urbain. c’est très important. Il faut œuvrer pour cela », nous explique t-elle. D’ailleurs, Odette aime venir les mercredis après-midi lors des ateliers proposés auprès des familles et des enfants dans le cadre de l’exposition de son père. Elle y découvre des publics créatifs qui inventent leur habitat.

D’après elle, il faut, dès le plus jeune âge, être curieux, regarder autour de soi, et si on n’a pas cet esprit-là alors on ne sait pas regarder l’environnement qui nous entoure et donc, on ne sait pas regarder son voisin. C’est pourquoi, elle pense qu’il faut accompagner les jeunes à ouvrir les yeux. Elle soumet aussi son idée : « Cela serait bien de faire des débats dans les quartiers avec les habitants pour savoir comment ils imaginent leur hall d’immeuble, leurs boîtes aux lettres… Beaucoup de gens sont mélangés et cela serait chouette justement que les idées aussi se mélangent ».

Expositions dans des lieux atypiques

Récemment, Guy Rottier a exposé sur 500 m2 dans une vieille tannerie, à la biennale d’architecture à Orléans. Et aujourd’hui, il expose ici dans des anciens abattoirs. Odette a ce sentiment qui la rebute comme beaucoup de personnes en pensant qu’autrefois, ce lieu était un endroit où l’on abattait des animaux. Pourtant, elle exprime aussi avec humour :  « Cela ne me plaît pas, mais c’est formidable que ce soit un lieu qui revive » et selon elle, son père aurait beaucoup aimé voir ce lieu habité par les artistes et les associations.

A présent, les historiens de l’architecture contemporaine se penchent sur son travail de recherche et Odette a restitué à la Ville de Nice tout ce patrimoine. L’exposition au Forum permet de le mettre en lumière.

Profitez-en, l’exposition est encore ouverte jusqu’au vendredi 4 mai de 13h à 17h tous les jours sauf le week-end. L’équipe du forum vous accueille avec vos enfants. Rens. 04.97.13.31.51.

Charlotte, Michel, Nicolas et Tania.

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