Sauvons la laïcité !

Le 28 Octobre s’est tenue à l’Espace Miramar à Cannes un colloque « Sauvons la Laïcité » organisée par le Cercle Laïque d’Antibes Ferdinand Buisson en partenariat avec le journal Marianne et Arte Filosofia. La laïcité, de plus en plus controversée par les intégrismes religieux et notamment l’islam politique, fait l’objet aujourd’hui d’un véritable sujet d’actualité. Ce principe issu de la loi de 1905 est, en vérité, assez mal connu et semble diviser la société qui l’interprète de diverses manières.

Qu’est-ce que la laïcité?

Catherine Kintlzer, professeur honoraire à l’Université de Lille et auteur de nombreux ouvrages dont Penser la Laïcité (Minerve) a introduit le débat avec un éclairage sur le concept de laïcité et les dérives dont il est l’objet aujourd’hui. Elle définit : « C’est la condition même de la liberté d’expression dans l’espace public » et « la laïcité ne s’oppose pas aux religions et aux communautés mais seulement à celles qui veulent imposer leurs lois »

Elle évoque 2 dérives de la laïcité :

  • la « laïcité adjectivée » qui tend à supprimer la neutralité de l’Etat et aboutit à légitimer le religieux au sein des pouvoirs publics,
  • et « l’extrémisme laïque » qui réclame un « nettoyage » de toutes les religions avec une obsession anti-islam particulièrement féroce.

Ces deux courants , nous dit-elle, ont offert la laïcité à l’extrême droite !

Nous l’écoutons (5’59) :

 

Banalisation des marqueurs religieux imposés par l’intégrisme islamiste 

Dans la société civile (les entreprises, les écoles, les hôpitaux, …), alors que ce principe de laïcité devrait permettre à tous de vivre en paix dans le respect des convictions de chacun, les citoyens assistent de plus en plus à une banalisation du fait religieux.  Il se trouve que les femmes de culture musulmane sont les premières victimes des pressions de l’intégrisme islamiste. « Il faut refuser cette banalisation et c’est à la société civile de le faire par la liberté d’expression », explique t-elle dans cet extrait.

Nous écoutons (7’28) :

 

Puis, la sénatrice Françoise Laborde, sénatrice de Haute Garonne attachée de longue date par la laïcité et membre d’un observatoire de la laïcité suivie de l’historien Yvan Gastaut, enseignant à l’université de Nice et spécialiste de l’histoire de l’immigration, ont ensuite illustré les combats pour la laïcité de la IIIème République à nos jours.

Françoise Laborde évoque l’aspect législatif qui a dû être mis en place pour protéger la laïcité attaquée et son parcours du combattant pour être entendue au Sénat sur ce sujet.

Voici l’enregistrement de leurs exposés (47’42) :

 

Urgence de contrer l’impérialisme de l’islam politique

L’essayiste Djemila Benhabib et l’universitaire tunisienne Faouzia Charfi ont ensuite souligné l’urgence de défendre la laïcité et la liberté d’expression face au danger du totalitarisme islamiste qui se répand partout dans le monde.

Djemila Benhabib a été contrainte de fuir l’Algérie dans les années 90 à la suite de menaces de mort contre sa famille. Au Canada, où elle a dû émigrer, les responsables politiques ont abandonné bon nombre de libertés publiques face à la régression intégriste.

Faouzia Charfi ex secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement supérieur à Tunis a assisté à une islamisation de la société dans son pays malgré la résistance courageuse du peuple tunisien et des progrès dans le domaine du droit des femmes.

 

Ce colloque a réuni des philosophes, écrivains, historiens et scientifiques reconnus dans la défense de nos valeurs républicaines. Pendant une après-midi, il a abordé et expliqué nos sujets sensibles d’actualité et intéressé un public de plus de 300 personnes.

Lire la conférence de Catherine Kintzler en intégralité.

 

Gelsomina.