Réflexion sur les robots avec la cie P.A.S.

Après une semaine de résidence de création à l’Entre-Pont, la compagnie P.A.S. a présenté sa performance « Poppy + ∞ » mélangeant danse et robotique le samedi 9 mars. Invités par le Hublot, les artistes ont pu aussi jouer et échanger avec des publics scolaires la veille. Les web reporters ont rencontré la chorégraphe, l’une des têtes pensantes du projet.

Composée de deux Poppy humanoïd*, la danseuse BI-JIA YANG, le danseur Marius Sawadogo, le philosophe Ludovic Duhem et les musiciens Benoît Bottex & Léo Ator, la compagnie P.A.S. se tient prête à présenter le fruit de cette semaine de création. Avec un fond de bruits métalliques et de violons, la performance met en scène deux danseurs, chacun accompagné d’un robot poppy. Au centre de la scène, deux bras de robots sont mis sur une table et sont programmés pour se rencontrer. Les danseurs essaient de se mouvoir à l’image des bras-robots pour tenter le contact avec eux.

Le philosophe Ludovic Duhem, se déplace sur la scène, en tant que seul personnage orateur. Il se questionne, de manière déjantée, sur l’utilité et la place de la technologie et particulièrement du robot dans la vie de l’Homme. 

Moins vivants, nous serons moins sensibles. Nous serons moins intelligents qu’eux. Je proteste (…).


*Poppy Humanoïd est un robot open source développé par l’équipe Flowers – Inria Bordeaux.

Interview d’Emmanuelle Grangier

Ce spectacle a été mis en place et pensé par la chorégraphe Emmanuelle Grangier. Dans cette interview, elle nous parle de sa recherche sur les robots (13’57) :

Depuis la création de la compagnie, Emmanuelle Grangier travaille des projets interdisciplinaires mais toujours avec un « dialogue entre l’art et la science ». Plus précisément, c’est l’évolution des relations entre l’Homme et le robot qu’elle cible.

Elle nous confie : « Si je suis venue à la danse, c’est par les robots. J’avais plutôt dans l’idée de faire un réseau social entre humain et un bot (robot non physique). Puis, j’ai rencontré Arnaud Revel (qui a réalisé la conférence à 17h ; voir ci-dessous), un chercheur en robotique. Il m’a proposé de travailler avec le robot Nao. Etant donné sa présence physique (…), très naturellement, j’ai eu envie de travailler avec des danseurs ».

Pour ne pas subir ces dispositifs, il faut pouvoir les comprendre.

Grâce à la voix du philosophe qui s’interroge sans cesse durant le spectacle, la réflexion des relations du robot et de l’Homme se pose. Emmanuelle Grangier donne son avis : « Pour ne pas subir ces dispositifs, il faut pouvoir les comprendre (…) et se les approprier ». Elle continue en insistant sur l’importance de la pédagogie de tous les publics mais surtout des jeunes générations : « Ils ont une aisance mais n’ont pas forcément la distance ».

Ressentis des élèves

Des élèves de deux collèges de Nice (Simone Veil et Louis Nucéra) ainsi qu’une classe mixte de Cm1 et Cm2 de Pasteur ont pu profiter de cette proposition particulière. Un échange ensuite avec la metteur en scène a eu lieu et la question du remplacement de l’Homme par le Robot en a interrogé plus d’un.

 

 

Écoutez leur ressentis à la suite du spectacle (5’35) :

Avis des enfants

Conférence d’Arnaud Revel

Une conférence d’Arnaud Revel de l’Université de la Rochelle qui a travaillé avec Emmanuelle Grangier, a précédé le spectacle de la compagnie P.A.S.

Voici la vidéo d’une partie de son exposé sur la recherche sur les robots :

 

Océane Da Silva & Tania Cognée.