Paroles de jeunes de toute l’Europe

Wallid Boukerche est parti à Strasbourg avec l’équipe des Petits Débrouillards pour suivre la recommandation Enter* au Conseil de l’Europe.

Plus de 300 jeunes se sont réunis pendant cinq jours du 7 au 12 juillet 2019 afin d’être entendus sur le sujet : « L’accès aux droits sociaux pour les jeunes des quartiers défavorisés ». Ce regroupement organisé par le Conseil de l’Europe et la ville de Strasbourg, a pour but de prendre en compte la parole de jeunes venus de toute l’Europe afin d’écrire une recommandation pour améliorer cet accès aux droits.

Pendant 5 jours, des ateliers et des prises de parole dans un hémicycle sur des sujets, se sont succédés. Les jeunes ont réfléchi et échangé en groupe sur la thématique de leur choix pour participer à l’amélioration des recommandations du projet Enter.

L’éducation est le domaine qui revient dans tous les ateliers ». Wallid

Wallid, en tant que reporter de Ligne16, a pu recueillir la parole de certains jeunes présents à cet événement en réalisant des interviews sonores. Il a à chaque fois, interrogé sur ce regroupement à Strasbourg, sur ce qu’ils ou elles en pensaient et quelles pourraient être les solutions pour améliorer l’accès aux droits des jeunes défavorisés.

Interview d’Alison (4’18) :

Alison a 21 ans et elle travaille au miroir vagabond en Belgique. Elle accompagne les jeunes pour leurs projets, elle les aident sur leur recherche de logement… Pour elle, pour que les jeunes aient un meilleur accès au droit, c’est l’accès à l’information, puis de mettre en place des aides et un accompagnement. Elle regrette que les jeunes dans l’hémicycle de ce regroupement, n’aient pas plus le temps de paroles et que les politiques ne répondent pas plus à leurs questions.

Interview Elias (6’26) :

Elias a 16 ans, il vient d’Allemagne et est impliqué localement politiquement.  Il s’imagine être travailleur social plus tard. Il est venu pour connaître des gens et aussi pour mettre une direction aux recommandations. Selon lui, il faut travailler localement ; il faut que les chargés de mission des recommandations puissent être au plus proche du contexte local et de ses habitants, donc il faut qu’ils viennent sur place. Je crois que l’écologie est très importante car elle est en symbiose avec les droits sociaux.

Si l’écologie ne marche pas, les gens ne vont pas bien ».

Le projet Enter regroupe des délégations de tous les pays du conseil de l’Europe et présente des solutions ; Il optimise les recommandations sur les droits sociaux. « J’ai beaucoup appris sur les autres pays, sur la mentalité des gens, sur la mentalité des réfugiés car il y a beaucoup de réfugiés qui sont venus ici pour exprimer des solutions ». En revanche, « je crois qu’il n’y pas eu assez de discussions ». Il pense que les discussions entre les jeunes issus de pays différents auraient du être encore plus privilégiées, plutôt que de perdre du temps avec les longs discours. Selon lui, tout ce temps aurait pu être investi davantage sur les échanges entre les jeunes, d’autant plus que le conseil de l’Europe ne peut pas obliger les pays à suivre les recommandations, il ne peut que faire pression sur les pays qui ne les suivent pas.

Il remarque que sur certains sujets, notamment sur celui de la discrimination, la formulation est elle-même discriminante. Certains jeunes réfugiés avec qui il a échangé, l’ont ressenti aussi comme ça.

Interview de Fara (6’23) :

Fara est ambassadrice dans la Drôme et elle est venue avec son association qui envoie des jeunes au service volontaire européen. Le fait que les jeunes viennent de différents pays lui donne pour la première fois la sensation d’être européenne ; Elle voit aussi alors que tous ont un peu près les mêmes engagements.

Par rapport à la forme de cette rencontre, elle aurait aimé davantage d’écoute dans l’hémicycle et regrette que les jeunes dont elle fait partie, n’ait pas eu cette possibilité de choisir la forme pour s’exprimer. 

La première solution selon elle, pour l’accès aux droit est de réduire les discriminations. Par exemple, mettre plus de moyens aux éducateurs de rue, permettre des formations…

Effectuer son devoir citoyen sans se focaliser sur le vote qui pour moi est moins une priorité dans la société », exprime t-elle.

Interview de Francesca et d’Olivier (10’59) :

 

Francesca et Olivier viennent de Corse. Pour eux, cette semaine a été intéressante de par les échanges et les rencontres. Néanmoins, ils sont déçus car la parole des jeunes a toujours été écourtée et les politiques ont eu beaucoup plus de temps de paroles.

On n’a pas laissé le temps de parler les jeunes.

 
 
Interview de Tifene (4’19) :

Tifene vient de Valence, près de Lyon. Elle est en économique et social et elle est intéressée par le projet Enter. Elle pense que beaucoup de personnes sont mis de côté et la solution est l’éducation. « Même si c’est compliqué, il faut toujours avoir espoir ». Ce projet lui a permis de rencontrer beaucoup de gens, et d’écouter des migrants s’exprimer ; cela permet de voir vraiment leurs conditions et leur avis car ils sont très concernés sur la question de l’accès aux droits sociaux.

Il faut se remettre en question sur l’éducation. Les jeunes détestent l’école et ils devraient plutôt voir cela comme un enrichissement qu’une prison.

Wallid Boukerche (interviews et montage).