Martine Landry, accusée d’être « passeuse » de migrants mineurs

Martine Landry

Mardi 30 mai, Ligne 16 s’est rendue au Palais de justice à la manifestation de soutien à Martine Landry avant son procès, déjà reporté trois fois. Le délibéré aura d’ailleurs lieu le 13 juillet. Plusieurs personnes ont exprimé leur révolte quant à l’accusation de cette militante de 73 ans d’Amnesty International.

L’opinion des manifestants sur l’affaire

Écoutons-les avis scandalisés de Marie-Jeanne, Katia, Dominique qui est commerçante à Nice, suivies de Sarah qui est étudiante en droit, de Régine, de Quentin du syndicat solidaire étudiant, de Maurizio, de Jacques, de Françoise, d’Odile, de Christian, et d’Annie du Réseau d’éducation sans frontière (13’06) :

 

Marie-Jeanne la juste

Nous avons demandé pourquoi ils étaient présents, pourquoi cela leur a semblé important, de quoi Martine Landry était accusée.

L‘information est d’ailleurs plutôt mal passée. En effet, la plupart des personnes étaient au courant grâce à internet (réseaux sociaux) ou parce qu’elles faisaient parties du milieu associatif comme Éducation sans frontière, le mouvement de la paix ou encore Amnesty international.

Plusieurs d’entre eux nous expliquent que Martine est une militante qui est accusée d’avoir fait passer deux mineurs guinéens en France alors que les jeunes étaient non seulement déjà en France mais en plus suivis par la protection de l’enfance.

Aider les migrants, est-ce un crime?
Annie Carton, Éducation sans frontière

« C’est infâme ce qui se passe ! En s’en prenant à quelqu’un d’Amnesty, cela montre aux autres qu’il ne faut plus bouger un poil », nous exprime une militante en soutien à Martine. Celle-ci a simplement fait respecter les droits de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

Avant son procès,  nous avons pu interroger Martine, celle-ci très fatiguée nous exprime son sentiment : « Je suis très sereine ».

Quels conseils si l’on veut aider un mineur isolé ? 

Les citoyens présents nous répondent qu’il y a des associations de prise en charge comme Habitat et Citoyenneté à Nice. « On peut aider de multiples façons ». « On peut parrainer un enfant ». Autant de possibilités qui montrent que ce n’est pas forcément en hébergeant quelqu’un mais en proposant un peu de temps, ou en collectant des vêtements, de la nourriture.

Et le procès de Martine Landry ?

Ce procès aurait pour but de servir d’exemple et de dissuader les éventuels aidants des migrants.

Devant le palais de Justice

Mais apparemment, l’accusation ne tient pas et le procureur a été obligé d’admettre que, concernant la preuve que la bénévole d’Amnesty International aurait fait franchir la frontière aux deux mineurs, « il y a un doute » et prononce donc les réquisitions de relaxe avec mauvaise grâce. Les soutiens à l’accusée s’étonnent également que ce procès n’aie pas fait la une dans les médias, tandis qu’on montrait pratiquement au même moment en boucle sur toutes les chaînes de TV, la gratification du Président de la République pour un migrant sauvant un enfant. Ce procès témoigne malheureusement de l’accueil réel des migrants mineurs sur le territoire français.

Procès de Martine Landry version longue par ADN

Gelsomina, Guillaume et Tania.

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