L’ islamophobie dans les Alpes-Maritimes

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Marwan Mohammed

Vendredi 3 mars, une conférence-débat sur « les ressorts sociaux et politiques de l’islamophobie en France et dans les Alpes-Maritimes » a été organisée à l’Université de St Jean d’Angely à Nice.

Le laboratoire de recherche URMIS qui travaille sur les questions d’identité et de discrimination, a pu ainsi inviter le sociologue Marwan Mohammed du CNRS (en déplacement sur Nice pour un séminaire), Sefen GuezGuez du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Smail Jebali de la Fédération des Musulmans du Sud (FMS) et Christian Masson du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP). Une soixantaine de personnes ont pu y assister puis, pour certains, prendre la parole afin de poser des questions.

 

Si ce type de rencontre devrait avoir lieu plus souvent, puisque cela favorise la compréhension et les échanges, nous avons appris que OLVO Forces Laïques a tenté d’interdire cette conférence en écrivant au recteur de l’Université.

De plus en plus d’actes islamophobes

Un constat : depuis les attentats, des actes répréhensibles contre les personnes arborant des signes visibles d’appartenance religieuse musulmane, notamment le port du foulard,  sont en augmentation. Ces actes qui devraient être condamnés avec la plus grande fermeté, sont, d’après de nombreux témoignages, impunis par les autorités publiques dans les Alpes-Maritimes, où des victimes se voient de plus en plus refuser leur plainte.

Écoutez ces trois témoignages de Nadia et Imen, puis Safa (2’30) :

 

En première partie, le sociologue Marwan Mohammed tente de définir l’islamophobie. L’avocat du CCIF, Mr GuezGuez,  désigne l’Etat comme le premier discriminant. Selon lui, l’Etat fait des lois qui vont à l’encontre des musulmans. Pour exemple, Marwan Mohammed explique que tous les politiques de gauche comme de droite, ont répondu au « problème musulman » par l’exclusion en votant bon nombre de lois dont la loi de 2004 contre le port du foulard à l’école qui serait, d’après lui, « une discrimination légale ».

Si un problème de stigmatisation des musulmans orchestré par la classe politique et par les médias existe et tend à diviser la société, il devient urgent de stopper la construction d’une altérité musulmane essentialisée et figée ; Le multiculturalisme n’est pas synonyme de communautarisme ; L’adhésion de tous à la citoyenneté semble devenir un enjeu primordial pour éviter une fracture sociale. Gérard, une des personnes qui s’est exprimé dans notre micro, notait d’ailleurs l’importance pour tout citoyen de participer et de s’intéresser à la vie publique.

Ecoutez ces différents échanges après la conférence avec Akim, Gérard, Safa et Marion (6’43) :

 

De plus en plus de revendications religieuses islamistes

interviewDans cette conférence,  les intervenants ont  le mérite de dénoncer des actes islamophobes inadmissibles  qui sont en augmentation depuis les attentats. En revanche, on peut regretter que l’une des principales causes de ce phénomène n’ait pas été évoquée : l’islam radical ainsi que l’idéologie qu’il véhicule, le salafisme qui cherche à imposer ses marqueurs dans notre société.

En effet, des revendications identitaires religieuses de cet islam fondamentaliste sont de plus en plus nombreuses et visibles :  demandes de non mixité dans les piscines,  refus de soins par un médecin homme pour les femmes, remise en cause  du contenu de  l’enseignement en histoire et SVT, refus de pratique de sport pour les filles au collège,  demandes de prières sur le lieu de travail etc.

La société française est elle « islamophobe » si elle ne répond pas  à ces demandes ?

Nous avons interrogé à ce sujet le sociologue Marwan Mohammed (6’23) :

 

Voici la conférence en intégralité :

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en plus, la vidéo de l’URMIS

Reportage par Gelsomina (article et interview), Tania (interviews public et photos) et Wallid (preneur de son).