4ème émission sur les réseaux sociaux

Jeudi 25 avril a eu lieu la 4ème émission animée par l’équipe de Ligne16 [Alexandra, Quentin, Nawel, Cyrille, Océane, Valentin, Tania & Fredo en régie] sur le numérique qui nous entoure. Cette fois-ci, il s’agissait de parler des réseaux sociaux. Deux invités, Prune de Montvalon directrice du CIDFF 06 et Luca Malod community manager, étaient présents pour échanger sur le sujet, ainsi que Lili Sohn illustratrice interviewée par Skype.

 

Voici l’intégralité de l’émission :

Nouvel espace de paroles et de lutte, outil de communication et d’informations, les réseaux sociaux permettent à tout le monde de s’exprimer. Quentin démarre l’émission par une chronique permettant de faire un état des lieux de ces nouveaux médias sociaux qui permettent indéniablement aux citoyens de se mobiliser pour une cause. Il nous donne l’exemple des gilets jaunes mais aussi des printemps arabes, et tout récemment de la mobilisation des algériens qui n’aurait pas pu avoir lieu sans l’appel sur les réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux sont un miroir de la société

Prune De Montvalon, invitée de cette émission, nous parle de la campagne de  lutte des violences dans le couple que le CIDFF a réalisé sur les réseaux sociaux pour toucher les jeunes de 18 – 25 ans (https://www.violencejetequitte.fr/). En effet, les statistiques montrent qu’un jeune sur cinq au niveau mondial (et plus particulièrement les filles), subit une violence dans son couple. C’est pourquoi, le choix a été de réaliser la campagne sur Instagram, puisque les jeunes sont davantage sur ce réseau que sur celui de Facebook. 

Lili Sohn, contactée par le CIDFF pour cette campagne, a réalisé plusieurs histoires et ses dessins (voir http://lilisohn.com/portfolio_page/violencejetequitte/) spécialement pour le format Instagram, nous livrent des messages forts. Celle-ci a été interviewée par Tania afin de nous exprimer son avis sur les réseaux sociaux et sur ses limites ainsi que les enjeux aujourd’hui.

Pour Lili Sohn, les réseaux sociaux ne suffisent pas pour faire avancer les choses et faire des actions, se mobiliser, il faut que les gens se rencontrent. Les enjeux sont bien aujourd’hui la gestion des dérives de ces réseaux (le cyber harcèlement, les insultes sous prétexte d’anonymat…). Il est nécessaire aussi de parler de la liberté d’expression, des limites qu’elle a, même sur les réseaux, et il faudrait aussi savoir qui censure et quels sont les critères.  Enfin, elle nous parle d’un code de conduite sur les réseaux sociaux qui devrait exister.

Les réseaux sont un déversoir de haine

Comme nous le remarque Joce dans l’émission : « les réseaux sociaux sont un déversoir de haine, voire d’appel aux meurtres, et cela n’est pas normal que cela ne soit pas censuré ».

La loi encadre pourtant bien la liberté d’expression* comme le précise Prune De Montvalon. Que ce soit dans la vraie vie ou dans notre espace virtuel, le citoyen n’a pas le droit d’injurier, de diffamer, d’atteindre à la vie privée, de provoquer à la discrimination, à la haine ou à la violence, à l’apologie des crimes de guerre, …

Il n’en reste pas moins qu’il est difficile de fournir les preuves et d’identifier le coupable et souvent cela s’arrête à la plainte, faute de moyens.

La sensibilisation plus que la culpabilisation

Il faut néanmoins, à tout prix continuer d’accompagner les jeunes à l’utilisation de ces nouveaux médias, d’autant plus que ces réseaux sociaux sont pour la plupart gérés par les grosses multinationales que l’on nomme les GAFAM*, et dont le but est seulement de capturer notre attention sur les applications qu’ils développent, afin d’obtenir des données qu’ils revendent à prix d’or.

Le mot de la fin serait donc de ne jamais oublier que les réseaux sociaux sont une sphère publique et qu’il faut sensibiliser davantage plus que culpabiliser les jeunes, afin qu’ils aient davantage conscience et donc le contrôle de leurs images qu’ils postent.

Télé chez moi, partenaire de nos émissions, nous propose ce résumé vidéo :

Diaporama de l’émission (photos d’Océane et de Valentin) :

 

Campagne du CIDFF 06 pour la lutte des violences au sein du couple : https://www.violencejetequitte.fr/ et le site du CIDFF 06 : http://alpesmaritimes.cidff.info/

*Plus d’infos sur la liberté d’expression : https://justice.ooreka.fr/astuce/voir/553907/liberte-d-expression

*GAFAM est l’acronyme des géants du Web — Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft — qui sont les cinq grandes firmes américaines (fondées entre le dernier quart du XX e siècle et le début du XXI e siècle) qui dominent le marché du numérique, parfois également nommées les Big Five, ou encore « The Five » (source Wikipedia).

Livres pour aller plus loin :
– « Petite Poucette » de Michel Serres

– « L’Homme nu, la dictature invisible du numérique » de Marc Dugain et Christophe Labbé

Tania Cognée.